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  • François

COUP DE CŒUR ❣ - « Naissance d'un Goncourt », Yann Queffélec, 2018.

La naissance d'un Goncourt, mais avant tout la naissance d'un écrivain et d'une amitié unique. Une rencontre qui a transformé la vie de Yann Queffélec. Un récit autobiographique.

Yann a presque la trentaine quand il décide d'embarquer avec deux amis pour un tour du monde en bateau. Après trois jours de navigation, une panne de moteur survient. Une tempête survient ensuite. Le voilier arrive à Belle-Île. On lui tape sur l'épaule et on lui dit qu'il a une gueule d'écrivain. Étrange.


C'était Françoise Verny. Sa Majesté Françoise Verny. La maman des auteurs. La papesse des éditions Grasset, Gallimard puis Flammarion. Un personnage. Une femme a la voix chaude, aux chevilles fines, aux jambes assez longues et au genou correct. Un squelette bien garni. Elle ne porte aucun parfum attitré, aucun bijou. Une amoureuse du whisky, des sacs et des manteaux. Pour son fils, c'est sans doute l'alcool qui l'a tuée. Elle donne rendez-vous à Yann au Castel. Il arrive, elle est attablée au milieu de la salle, un camembert dans une main, une cigarette dans l'autre, toute de noir vêtue.

Elle l'encouragera pour son premier roman. Il n'a plutôt pas intérêt à la tromper. Ce sera son poulain, son chéri. Jusqu'au prix tant convoité par tous les écrivains. Elle sera la maîtresse de son destin.

Les débuts d'un écrivain décriés. Doutes, espoirs, désillusions. Et un magnifique hommage à Françoise Verny que j'ai adoré découvrir tout le long du récit. À travers ce livre à l'écriture magnifique, j'ai vécu la naissance du premier roman de Yann Queffélec comme une fête, le sourire aux lèvres. Pour le deuxième, ma tête était plus qu’en ébullition.

Je referme le livre en ayant envie de danser, de lever ma coupe remplie de champagne, de fêter sa suite.

« Un souvenir n’est qu’un souvenir, il a des lacunes : il prend quelques libertés avec le calendrier, la vérité n’en souffre pas. »