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  • François

COUP DE CŒUR ❣ - « La guerre en soi », Laure Naimski, 2018.

« Chaque mot libère un autre. Un mot ne vient jamais seul. Il est poussé par les autres. Et ça fait comme une poche de gaz sur le point d’éclater. On ne sait rien des mots avant de les sentir exploser à la surface de soi. »


Louise a 56 ans. Son compagnon Aurélien est mort à ses côtés dans son lit. Le corps était froid. Elle a moins pleuré pour lui que pour son fils. Est-ce que ça se dit ?

Son fils, Paul, il fuguait. Il venait quelques jours à l’école puis on ne le revoyait plus. Elle apprend qu’il vient en aide aux migrants, c’est illégal, il est hors la loi. Quitte à charger leurs téléphones à la maison, qui sonnent dans tous les sens. C’est elle qui l’a dénoncé à la police.


Paul volait sa mère, les tiroirs de la cuisine grands ouverts, il a pris l’argent. Elle boit, l’alcool l’assomme parfois. Sans doute un refuge.

Quand il fugue, les factures des billets de train non payés de Paul la rassurent, il est en vie. Mais un jour, plus de factures, plus de nouvelles. Elle s’inquiète. Elle le cherchera, ce sera sa quête.

Sous les ponts, sur les rames de métro, dans les couloirs de chaque ligne. La police lui annoncera qu'il est mort.

Un roman sur une maman au bord du gouffre, haineuse, en colère contre les migrants qui lui ont volé son fils. Un récit qui met mal à l'aise parfois, captivant et poignant.

L'histoire d'une maman qui a les cendres de son fils au milieu du salon. Dans ce roman, Laure va à l'essentiel en très peu de mots, qui arrivent comme des bombes les uns après les autres. Un immanquable.