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  • François

CHRONIQUE 📖 - « Querelle », Kévin Lambert, 2019.

Un roman loin d'être à mettre dans les mains de tout le monde. Un roman choc, puissant, poignant, qui prend aux tripes et qui rend mal à l'aise.

Dans les hauteurs de Robberval se trouve une chambre, dans un troisième étage chauffé et éclairé, pas très grand. C'est là que chaque soir, les garçons passent pour se laisser jouir. Ils sont souillés. Les salopes de Querelle, loin d'avoir un air de 'pédé'.

Tous les garçons sont beaux, trouvés sur Grindr, ils font la queue pour se faire prendre par ce corps qu'ils espèrent tous posséder.

À l'usine de la Scierie du Lac Inc., en grève, il y a un peu plus de vingt ouvriers spécialisés qui travaillent. Vingt et un très exactement. Querelle est le dernier arrivé. 27 ans. Tout droit venu de Montréal. Quand la grève a commencé, il n'avait pas terminé sa formation.

Ses collègues disent de lui qu'il travaille bien pour un jeune. Tout le monde le connaît car il s'adapte à toutes les machines, pour remplacer ceux en pause ou lorsqu'ils sont malades.

Entre fracassements de bouteilles sur la plage, coups de batte de baseball et revendications personnelles de chacun, « Querelle » surprend tant par sa modernité que par son animosité. Âmes sensibles, vous êtes prévenues.

« Les mères, narquoises, écoutent leurs maris déments, les laissent parler et continuent de se moquer gentiment de leur science tout en les réconfortant par des paroles positives, finement choisies: ce sont les plus nigaudes qui les consolent le mieux. »