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  • François

CHRONIQUE 📝 - « Mare Nostrum », Philippe de la Genardière, 2019.

Roman incroyable de la rentrée d'hiver des éditions Actes Sud, en plein décor maritime. Un homme de la soixantaine. Adelphe. Il aimait la mer, depuis toujours. Il en avait rêvé. Il en avait peur. Il ne serait plus le même après ce séjour passé à Port-Venelles.

La mer guérirait son âme. Un mal indéfinissable. Toute sa vie, il l'a vécue dans les livres. Ils constituaient même son métier : faire passer des manuscrits à l'état de livres. Mais les livres, qui étaient sa passion, son devenus son poison.

En parallèle, on découvre Maïsha, collègue de la maison d'éditions d'Adelphe. Ensemble, ils ont une relation particulière, quelque chose qui chamboule ou contrarie.

Dans la première partie de ce récit, on en sait davantage sur le passé de ce personnage, sur les événements qui ont fait qu'il se retrouve seul. Isolé. Cloisonné. Point de non-retour.

Après la vague, tout est effacé. Tout est plus laid, difficile, sombre et vient la dure réalité de l'hôpital psychiatrique.

Un véritable séisme. Un livre bouleversant, qui renverse plus fort qu'un tsunami. Les mots sont beaux, les phrases sont sublimes. Un roman réussi, que l'on soit en accord avec ce qu'il y est décrit ou pas. Qui fait réagir, ressentir et réfléchir. Un livre que je conseille vivement mais que je déconseille aux âmes plus sensibles.

« De la mer, Adelphe avait toujours pensé qu’il ne fallait jamais trop s’éloigner, ni trop longtemps, mais la vie avait fait de lui un citadin, et il n’avait pas non plus connu ces grandes villes portuaires aux ciels bariolés de fumées noires, de grues et de goélands, qui donnent sur le large et accueillent au son des sirènes les cargos géants venus des quatre continents. »