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  • François

CHRONIQUE 📝 - « Mamie Luger », Benoît Philippon, 2018.

Quelques cadavres dans la cave, rien que ça. C'est l'histoire de Berthe Gavignol, 102 ans, une mamie un peu déjantée, une mamie qui a vécu les deux guerres. Une tueuse en série. Dès les premières pages, elle est arrêtée pour avoir tué son voisin et couvert la fuite d'un couple, Roy et Guillemette.

Une fois au commissariat, c'est l'inspecteur Ventura qui accueille cette centenaire et la place en garde à vue. C'est lui qui va la passer au peigne fin et va découvrir sa profession sous un autre jour. Il n'est pas au bout de ses surprises... Les témoignages de cette mamie et ses différentes confidences ont tout l'air d'être surréalistes... et pourtant !

Une sorte de huis-clos où des thèmes comme la condition de la femme au XXième siècle, le racisme et la brutalité masculine [entre autres] se côtoient.

Explosif. Un roman à la fois noir et lumineux. La vie de cette dame est loin d'avoir été une tranche de bonheur et on s'attache à elle. C'est impossible de faire autrement. Des personnages aussi forts que cette mamie, j'en ai vu très peu pendant mes lectures. Elle m'a touché, étonné parfois. Je ne l'oublierais sans doute pas.

J'aime l'écriture de Benoît Philippon qui est brute, crue, avec de l'humour, une pointe de sensibilité et beaucoup de justesse. On ne s'ennuie pas, foncez !

« Ventura n’en croit pas ses oreilles, pas plus que ses yeux qui fixent une centenaire maigrelette qu’on jugerait incapable de faire du mal à une mouche et qui n’a pourtant rien à envier à Mesrine. »