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  • François

CHRONIQUE 📝 - « Médée Chérie », Yasmina Chami, 2019.

Médée est reconnue pour son talent de sculptrice. Les expositions de ses œuvres prennent place dans les plus grandes villes du monde. Médée, c'est aussi une une femme superbe, une maman.


Dans la mythologie grecque, Médée est quittée par Jason pour une autre femme. Pour se venger, Médée tuera leurs deux fils pour le punir. Mais nous sommes ici face à une autre héroïne, à l'histoire bien liée.

Son mari, Ismaïl, est chirurgien neurologue. Un jour, il lui demande de l'accompagner à un séminaire à l'étranger. En transit à l'aéroport de Roissy. il s'absente quelques instants et ne revient pas.

Médée, murée dans son chagrin, décide de se réfugier avec ses enfants dans une chambre d'hôtel de l'aéroport. Au bout de quelques jours, elle trouve de l'argile laissée par son fils Adam, sur le pas de la porte, comme quelque chose pour la sauver. Elle essayera alors de renaître de son art.

Ce genre de roman qui se lit en apnée. On a juste pas le temps de respirer. Un roman qui parle de famille, de l'abandon. De cette douleur que l'abandon procure. De ce qui ne sera jamais plus. Des souvenirs douloureux. La perte.

Les phrases sont longues, l'écriture est belle, la ponctuation presque absente. Un livre que j'ai beaucoup aimé, une Médée forte, courageuse, qui nous empêche de respirer

« Quand j'ai quitté l'Irak, j'ai emporté un peu de terre avec moi. La terre de mon pays, de mes aïeux, et vois-tu, je ne m'en sépare pas, comme un talisman qui conjure la disparition, l'effacement de ces histoires, de ces temps que nous avons vécus. »