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  • François

CHRONIQUE📖 - « La petite conformiste », Ingrid Seyman, 2019.

On dit toujours que la première phrase d'un roman est importante. Je crois que celle-ci est sans doute celle dont je me souviendrai encore longtemps. Parce qu'elle est drôle (comme le roman qui l'est à souhait), directe mais surtout osée.

Esther est sans aucun doute née d'une levrette, les genoux de sa mère calés sur un tapis de vache synthétique car ils l'ont conçue durant un séjour au sports d'hiver. Elle en est aussi persuadée car ils n'ont jamais caché leur passion pour cette position. Merci papa, merci maman.


Esther est une jeune fille née de droite, dans une famille de gauche, d'une mère athée et d'un père juif par intermittence. Très vite, face à ces individus aussi excentriques, elle ne sait pas très bien ce qu'elle fait dans cette famille. Comme une malchance.

En plus d'aimer la gymnastique, ses parents adorent l'exhibitionnisme. Ils vivent nus, regardent la télévision nus, mangent des huîtres nus, sans craindre le ridicule et le facture de gaz puisqu'ils ont le chauffage central.

Elle n'ose pas inviter ses amies à la maison, elle en a marre des idées de ses parents et veut à tout prix qu'ils divorcent.

Mais la vie d'Esther va être chamboulée lorsque ses parents décident de l'inscrire dans une école catholique située dans le quartier le plus bourgeois de Marseille.

Un premier roman, à la fois léger, percutant et sérieux, sans prétention de style, qui évoque la politique, la folie, la douleur, la différence et le racisme. Plongez dans la vie de cette gamine à la fois intelligente et pourtant si moderne. Je suis persuadé que ce roman fera parler de lui.

« Je me sentis soulagée de ne pas avoir à lui expliquer que les Dahan ne se lavaient que le dimanche, après Jacques Martin et la session de gymnastique de mes parents, qui se nettoyaient le sexe dans le bidet avant de nous faire couler un bain dans lequel mon frère pissait pour que lui laisse toute la place. »