Rechercher
  • François

CHRONIQUE - « L'effet maternel », Virginie Linhart, 2020.

Je veux qu'on parle de ce livre partout, dans toutes les librairies, dans tous les bars, dans tous les trains, dans tous les foyers, dans les rues, dans les parcs, au cours d'un dîner. Qu'on parle de ce livre, qu'on le lise et qu'on le savoure, parce qu'il est à la fois magique, tragique et pourtant si beau.


J'ai rencontré Virginie Linhart lors de la présentation de la rentrée littéraire des éditions Flammarion à Paris. Angoissée, stressée, elle a présenté son livre sans regarder ses notes. Elle tremblait, la voix qui vacillait. Et pourtant, j'ai été pris de court, touché, captivé, submergé.

Les hommes, c’est pour sa mère, sinon elle se met en danger. Sa mère est très belle, avec un corps juvénile et musclé de sa jeunesse en danse classique. Elle est petite, mince, et son visage attire les hommes. Des cheveux bruns, une peau matte et des lèvres à se damner.

Récit autobiographique, la réalisatrice de documentaire nous plonge dans l'intime, au cœur de la relation qu'elle entretient avec sa mère à la beauté inouïe - absente -, Des mots difficiles face à son ventre arrondi et le lui parti.

Une plume sublime, un récit touchant, drôle parfois, où la Shoah, l'amour, le deuil, la perte et la haine se croisent. Un récit qui fait passer du rire aux larmes, des sourires aux incompréhensions. « Et c'est cette femme, qui brandissait haut et fort sa liberté sexuelle, son mépris des conventions, nous stupéfiant, matin après matin nous ses enfants, par ses conquêtes toujours renouvelées, c'est cette femme qui hurle à la cantonade que j'aurais dû avorter parce que E. n'en voulait pas de cette gosse-là. »