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  • François

CHRONIQUE 📝 - « L'été où je suis devenue vieille », Isabelle de Courtivron, 2020.

Un récit autobiographique sur le temps qui passe et ces années qui arrivent sans même les apercevoir, ou presque pas.



Isabelle est une ancienne enseignante en littérature. Elle parlait des livres. S'y noyait et n'y noie encore. Cet été-là, c'est durant un cours de yoga qu'elle remarque qu'elle a de plus en plus de difficultés.


Son équilibre est un défi, son dos et ses jambes sont devenus moins souples. Elle se sent très vite essoufflée. S'agrippe à la rampe de métro. Et à l'intérieur de ceux-ci, les gens donnent leur place à Isabelle.


Et puis il y a eu une opération de la cataracte, un truc de vieux comme elle l'écrit. Elle ne voit que des jeunes partout autour d'elle. Elle arrive sur la pente descendante de sa vie et il faut lui faire face.


Elle est fragile, usée, angoissée de voir ces années avancer. Angoissée par la solitude. De voir ce corps flasque, qu'elle n'apprivoise pas.


Comme je m'y attendais un peu, je n'ai pas trouvé d'écho en moi mais je pensais à ces personnes âgées que je vois, que je croise et que j'aime particulièrement. Un récit sur les changements, sur l'invisibilité du corps, sur les temps modernes.


« Je me surprends parfois à penser qu’à une époque les générations n’étaient pas aussi étanches, que les aînés n’étaient pas ignorés et continuaient à avoir un rôle au-delà de l’enfance. Je suis consciente que c’est avec ce genre de réflexions qu’on entre de plain-pied non seulement dans le camp de la vieillesse, mais aussi dans celui de la ringardise. »