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  • François

CHRONIQUE 📝 - « Journal d'un amour perdu », Éric-Emmanuel Schmitt, 2019.

Cher Éric-Emmanuel, Je vous lis depuis mon plus jeune âge. Vous signez aujourd'hui le plus bel ouvrage de votre oeuvre. Un instant suspendu, un magnifique hommage, un cadeau à vos lecteurs, à vos admirateurs. Un pansement pour vous.

Votre mère est décédée ce matin-là. C’est sans aucun doute la première fois qu’elle vous causa de la peine. Vous étiez invincibles, indestructibles. Depuis 56 ans. Vous étiez forts, sereins.

C’était une championne en course de vitesse, ayant détenu pendant plusieurs années le record national. Elle avait des jambes qui défiaient les chronomètres et faisaient se retourner les hommes.

C’est votre sœur Florence qui vous a annoncé la nouvelle, vous ne vouliez pas y croire. Non, non, non, pour encore repousser ce moment fatidique que vous redoutiez depuis si longtemps. Que nous redoutons tous finalement.

Daphné, votre chienne, tente de vous soigner, à coups de truffe et de présence auprès de vous. Rentrer à Lyon, votre ville natale, vous brisa. La messe fut simple, digne et belle. Elle l'aurait aimée.

Avec ce journal, ce récit ô combien touchant, je vous connais davantage. J'entendais votre voix, je vous écoutais, je comprenais votre chagrin. J'admirais cet avant après. Vous sublimez votre maman et je suis sûr d'une chose, où qu'elle soit, elle vous en remercie, elle aussi.

« Il ne faut pas abîmer l’amour avec des mots. Les mots écorchent, corrompent, abusent, brouillent, exagèrent, minorent, détruisent, ils appartiennent aussi bien aux naïfs qu’aux vulgaires, aux cyniques, aux peureux, aux rusés, aux paresseux, aux escrocs, aux sots. »