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  • François

CHRONIQUE 📝 - « J'irai cracher sur vos tombes », Boris Vian, 1997.

Un récit qui a été censuré en France pour outrage aux bonnes mœurs. Un récit écrit sous pseudonyme.

Lorsque j'ai lu « L'écume des jours » de Boris Vian, j'ai eu bien envie de me procurer ses autres ouvrages. D'autant plus que vous êtes toujours nombreux ici à me le recommander. J'ai donc lu ce livre, qui ne m'a pas laissé indifférent.

« J'irai cracher sur vos tombes » ou l'histoire d'une vengeance implacable. Lee Anderson a un nouveau boulot, il est libraire à Buckton. Son but ? Déverser sa haine et venger la mort de son petit frère, Tom, à la peau noire. Le titre l’annonçait, ou presque.

Entre baise, débauche, alcool, et violence, il passe son temps avec une bande de jeunes et rencontre ensuite Jean et Lou Asquith, deux sœurs. Ça ne restera pas une simple rencontre.

Ce que personne ne sait, c'est que Lee est un nègre blanc. Cheveux blonds, peau rose et blanche. Être de couleur noire dans les années 1940 est loin d'être chose facile pour un homme de rester en vie, d'autant plus qu'il fréquente des jeunes filles blanches, surtout pour se faire du bien.

Il va alors se servir de cette différence pour accomplir cette vengeance notamment en salissant ces deux filles de toutes les manières possibles et inimaginables, en dessous de la ceinture y compris.

Un récit qui dénonce le racisme dont les afro-américains peuvent en être victimes. Un livre rempli de haine, où la tension monde crescendo, qui se lit d'une traite. Un récit qui choque, qui interpelle, qui questionne, qui dépasse les limites. On s'enflamme, on suffoque, on est écœuré. Un récit très cru, à lire.

« Au contact des gens qui ne connaissaient pas mon origine, j'avais pu perdre cette humilité abjecte qu'ils nous ont donnée, peu à peu, comme un réflexe, cette humilité odieuse, qui faisait proférer des paroles de pitié aux lèvres déchirées de Tom, cette terreur qui poussait nos frères à se cacher en entendant le pas de l'homme blanc ; mais je savais bien qu'en lui prenant sa peau, nous le tenions, car il est bavard et se trahit devant ceux qu'il croit ses semblables. »