Rechercher
  • François

CHRONIQUE 📝 - « Des hommes couleur de ciel », Anaïs Llobet, 2019.

Un roman magistral qui marque au fer rouge. Le roman se déroule au Pays-Bas, en 2017, au cœur de la Haye. Un attentat a lieu dans un lycée. Contre toute attente, ce serait un élève qui aurait commis ce massacre. Un élève d'origine tchétchène.

Le terroriste a fait exploser une bombe dans la cantine, provoquant la mort de vingt-quatre individus. Lorsqu'une telle attaque a lieu, chaque personne cherche à savoir si les personnes potentiellement victimes de l'attaque sont bel et bien en vie.

Parmi ces personnes, il y a Adam [Oumar], qui fréquente cet établissement et qui fait face à l'horreur devant les écrans de télévision. Il n'arrive pas à joindre son frère, Kirem, qui pourrait être impliqué dans cet attentat.

L'autre personne s'inquiétant est Alissa, la prof de russe du lycée. Originaire de Tchétchénie, elle n'imagine pas que son élève ait pu commettre le drame. Elle va être amenée à devoir traduire les interrogatoires d'Adam, qui écrivait toujours ses réponses en tchétchène et qui récoltait toujours des notes nulles.

Mais pour quelles raisons Adam garde-t-il le silence alors qu'il pourrait être totalement innocent dans cette histoire ? Comment (sur)vivre en étant tchétchène et homosexuel à la fois ?

De quelle manière échapper à sa culture d'origine, l'homosexualité, la souffrance, le paraître, la différence sont quelques thèmes développés dans ce roman percutant, à lire si ce n'est déjà fait. Un livre fort, rempli de courage, qui rappelle certains faits d'actualité, très bien écrit et qui interroge.

« Il n'avait jamais vu de ville sans blessure. Les maisons ressemblaient à des maisons de poupées et les tramways sillonnaient les rues comme des jouets d'enfants. Les passants ne sursautaient pas à chaque pétarade de moto. Les petits criaient pour le plaisir de crier, ils quémandaient des cônes glacés, l'estomac plein. Sur la plage de Scheveningen, les filles avaient étendu des serviettes de bain et sirotaient des bières, elles montraient leurs jambes au soleil. À côté, des garçons sautaient torse nu pour attraper des frisbees. Il était subjugué. »