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  • François

CHRONIQUE 📝 - « De la race des seigneurs », Alain-Fabien Delon, 2019.

Ils s'appellent tous les deux Alexandre Delval. Père et fils. Le premier est sans doute le plus grand acteur à la connaissance du secon. Une fierté. Il a tout joué. Il est impossible de donner un nombre à propos des films dans lesquels il a donné la réplique. Son fils l'aime pour son allure, son talent, sa beauté insurmontable.


Plus jeune, il était comme lui, cheveux noirs de jais, mince, regard noir qui transperce. Taillé tel un Dieu comme tous les hommes de la famille. Les Delval, la race des seigneurs. Il lui avait dit, lorsqu'il était enfant que lui aussi serait un mythe, sa merveille.

Autobiographie romancée, sans aucun doute. Alain-Fabien Delon règle en quelques pages ses comptes avec son père. On ne sait pas ce qui est vrai, encore moins ce qui est faux. Ce qu'on peut dire, c'est que c'est un très bon roman de "fils de", un handicap dans une vie, et dure réalité.

L'histoire d'un père absent, d'une solitude, d'un jeune gars qui tente de s'en sortir. Quelques temps dans les coulisses du cinéma et une nuit qui change le cours d'une vie.

« Est-ce que la parole peut sauver ? Est-ce que certains mots, s’ils nous cueillent au bon moment, peuvent dessiner un chemin de lumière dans ce truc noir et violent qui nous sert d’existence ? J’ai envie de m’en sortir, envie de prouver de quoi je suis capable ! J’aimerais que cet homme comprenne qui je suis. Pas juste un "fils de", pas juste un petit con à la jeunesse dorée, pas juste une victime non plus. J’attends le moment où je pourrai me définir autrement que par les négations; arrêter de dire, "je ne suis pas...", oser le "je suis". »