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  • François

CHRONIQUE 📝 - « Celle qui attend », Camille Zabka, 2019.

Comment expliquer à une jeune gamine que son père est en prison ? Il est au coin, voilà, le coin pour les adultes, celui qui dure plus longtemps.



Alexandre avançait, de couloir en couloir, de sas en sas, les cadenas qui se referment, les cliquetis qui se font entendre. Un couloir semblable à celui du lycée ou d'un hôpital. Il est loin d'être prêt.


À l'entrée, on le met à nu. Plus de portefeuille, plus de manteau, de portable, de chaussures. Bye bye la ceinture, l'écharpe et les 2,20€ du fond de sa poche.

Il a épelé son nom, beaucoup de fois. On lui a donné une carte avec son numéro d’écrou qu’il doit toujours avoir en sa possession : 308234. Dans une grande cabine, il s’est déshabillé et a dû écarter ses fesses.

Enfermé pour négligence administrative suite à un délit de fuite. Pamina, c’est sa fille à laquelle il écrit, et qui l'attend, aussi pour son anniversaire. Pénélope, c’est sa femme qui ne parvient pas à croire à sa libération.

Entre lettres et ressentis du détenus, le lecteur découvre le milieu carcéral et l'attente insoutenable de chacun. Ce récit, inspiré d'une histoire vraie et qui aurait sans doute dû avoir comme titre 'Ceux qui attendent' est à la fois éprouvant, touchant et poignant. « Je ne veux pas lui montrer l'exemple d'une maman qui attend fébrilement le retour de son homme. Nous, nous ne sommes pas prisonnières. Alors, on ne doit pas s'enfermer dans la seule attente de ton retour. Je ne veux pas que, plus tard, ma fille soit celle qui attend un type. Même si, comme toi, c'est un type bien. »