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  • François

CHRONIQUE 📝- « Avec toutes mes sympathies », Olivia de Lamberterie, 2018.

Mis à jour : 20 janv. 2019

With all my sympathy. Sincères condoléances, Françoise Sagan, 1955. Un douanier, 2015. Olivia de Lamberterie, journaliste pour le magazine Elle France, nous dévoile dans ce récit un épisode tragique, récent et rempli de douleurs. Depuis le 14 octobre 2015, sa vie n'est plus la même. Elle n’arrive plus à lire, elle ne sait plus travailler. Son frère, Alex, est parti. Son frère, Alex, s'est suicidé après des années de lutte contre une dépression assez violente. L'absence règne.

« Est-ce une pathologie de juger la vie dégueulasse ? Oui, certainement, quand on a une femme qu'on aime et qui vous aime, des enfants merveilleux qu'on aime et qui vous aiment, un boulot chouette et une belle maison, m'a un jour assuré un ami bien attentionné. Malade ou lucide ? Je ne peux pas m'empêcher de le trouver clairvoyant. La société dans laquelle on vit mérite-t-elle tellement qu'on s'y attache ? » Olivia retrace ici le portrait de son frère disparu trop tôt. Il est si difficile de mettre des mots sur la maladie psychiatrique. Elle le fait avec brio. Entre la détresse de son frère, son désarroi à elle, l'impuissance de ses proches, l'auteure écrit ici un hommage émouvant qui me laisse sans voix. Difficile de mettre des mots, de dire un seul mot, d’émettre un son. Au moment où je terminais ce livre, j'avais la gorge nouée, les larmes prêtes à tomber. Je voulais qu'elle me raconte davantage de souvenirs avec son frère. Quel hommage magnifique, brut, écrit avec ses tripes, rempli de pudeur. Une très belle plume, saccadée, qui émeut, qui percute. Je ne connaissais pas Olivia de Lamberterie avant de lire ce récit et elle a réussi à me toucher. Certains livres marquent, celui-ci en fait partie. Merci. « Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Moi, je ne voulais pas me taire. » - Stock, 256 pages.