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  • François

CHRONIQUE 📖 - « Platines », Julien Decoin, 2019.

Mis à jour : 21 août 2019

Jean, écrivain septuagénaire vit seul dans un ancien couvent pas très loin de Paris. Son appartement est rempli de pièces uniques : une table, une chaise, une assiette. Ce qu’il craint : l’asphyxie.


Jean porte une sorte d'uniforme qu'il s'est façonné dans les années 70 : un pantalon de flanelle gris anthracite ou bleu marine; un maillot de corps, une chemise sombre ou un pull en laine. Et un bonnet, à l'intérieur y compris.

C'est lors d'une soirée après un trajet en train qu'il s'arrête au bar PMU pour prendre un verre. Une chanteuse blonde d'un groupe d'amateurs se trémousse. Marie. Entre quelques bribes de dialogues, elle veut que cet homme lui écrive une chanson pour son groupe. Il refuse. Elle insiste. Pour ça, elle lui propose de se voir régulièrement, d'échanger, de se connaître un peu plus.

Mais Marie est loin de se douter qu'elle va faire resurgir les souvenirs de l'écrivain au Prix Goncourt 1978. Deux ans plus tôt, il avait croisé Platine pour laquelle il éprouvera un amour incommensurable.

Un véritable coup de cœur de la rentrée. Un style d'écriture qui me fascine et me laisse suspendu aux mots. Un roman prodigieux, qui mérite toutes les éloges du monde tellement il est fascinant, beau et inspirant à la fois.

« Elle roule son joint de ses petits doigts experts et lèche de sa langue rose le ruban de colle. Elle laisse un peu de rouge à lèvres sur le papier gommé. Il écrit. »